Metalab 26/27- Naya Alezina
Metalab 2026/27
Naya
Alezina
Naya Alezina est une danseuse, plasticienne et dramaturge franco-tchadienne basée à Bruxelles. Sa pratique chorégraphique se déploie à la croisée des écritures corporelles, visuelles et textuelles.
Formée à la sculpture et à l’installation à l’École des Beaux-Arts de Nantes, Naya ressent rapidement le besoin de dépasser une relation frontale à l’« objet », déplaçant son attention vers ce qui échappe, résiste à l’interprétation ou demeure dissimulé sous une apparence de stabilité. Cette recherche la conduit à intégrer l’ISAC (Institut Supérieur des Arts et des Chorégraphies) à Bruxelles. Depuis, elle développe une réflexion sur le mouvement chorégraphié comme acte d’excavation, explorant ce qu’elle nomme la « texture intérieure » : un niveau intimement violent, pragmatique, intermédiaire, intérieur.
Fortement influencée par les constructions visuelles des clips de rap et du cinéma, elle conçoit la scène comme un montage perceptif : une invitation à la fois brute et cynique, guidée par la densité et l’hypertextualité de son écriture spatiale. Elle ouvre des contre-espaces où les contours de soi peuvent se négocier, aussi fugacement que ce soit, laissant affleurer des reflets, des sensations et des échos intérieurs.
Elle travaille également comme interprète, collaboratrice ou dramaturge auprès d’artistes tels qu’Alphonse Eklou Uwantege, Golestân Outil-Rouhi, Mahi Hadjammar, Onur Aydin et Zoé Hagen.
Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date
Écrite depuis des trous sans fond, Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date cherche à ouvrir un espace-temps résiduel. D’emblée, un avertissement : la pièce est mise en mouvement par un état de chute prolongé. Dans cette dérive perceptive, nous suivons le rythme d’un clip de rap inexorablement ralenti, étiré sous la tension de ses autoréférences cinématographiques. Ici, le corps se cambre jusqu’au bout des ongles, écorchant l’inconcevable, s’y agrippant sans raccourci ni promesse de résolution. Lorsque « ce dans quoi je tombe » s’ouvre sur l’abîme suivant, « ce sur quoi je tombe », une continuité devient possible : fragile, défaillante, faite d’éclats noirs et de secousses […] Comment une question peut-elle, depuis l’immobilité apparente qu’elle produit, mettre quelque chose en mouvement avant qu’une réponse puisse émerger ?
« Avez-vous remarqué que beaucoup d’entre nous portent toutes sortes de sacs noirs dans les rues ?
Sinon, avez-vous déjà vu toutes ces motos cachées sous des housses dans les rues ? »
De l’esthétique du visiblement dissimulé aux intertitres dramatiques qui nous suspendent à une question, Naya revisite certaines des images et des scènes les plus marquantes de la culture visuelle dont elle a hérité, entre hip-hop des années 1990 et cinéma populaire, pour explorer les tensions autour de la lisibilité. Attirée par l’écart qui se crée dans le va-et-vient perpétuel entre perception et expression, elle s’intéresse à la possibilité d’un retard dans la reconnaissance, où coexistent familiarité et opacité, complexité et complicité.
Collaborateur.ices
Conception et écriture : Naya Alezina
Interprétation : Naya Alezina, Abubakar Sankoh
Collaboration dramaturgique : Naya Alezina, Golestân Outil-Rouhi, Angela Mit
Regards extérieurs et interlocuteur·ices artistiques : Krystel Khoury, Jimony Ekila, Marie Umuhoza
Résidences
01>05.12.2026
résidence d’écriture
d’autres périodes en cours de confirmation
Événements
en cours de confirmation
Connexions
Avec le soutien de La Bellone, Workspacebrussels, du CED-WB (Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles), de Hiro’s Pool Session, de Metarage, du Bamp, de La Générale Nord-Est, de Libitum et de l’ISAC (Institut Supérieur des Arts et des Chorégraphies).
Ig : @naya.alz