Sil

Sil est un solo de danse, interprété et chorégraphié par Frank Gizycki. Sil prend comme point de départ : une histoire, une partition musicale et un costume.

Une histoire : celle de Sil, une créature hybride mi-humaine mi-sapin, face au Pyrocène.  Une partition musicale : celle de La Passion de La Petite Fille Aux Allumettes de David Lang. Un costume : celui de Sil. Il est en deux parties : d’une part, un ensemble de branches et d’épines de sapin couvrant le corps et le visage de Frank laissant les bras et les jambes à découvert et mobile. D’autre part, un pardessus de cloches de céramiques. À partir de ces matériaux, je recherche un langage chorégraphique et une narration qui fasse sens.

J’envisage le sapin / l’humain·e·sapin / la cloche comme un « objet-transitionnel » (nom scientifique du « doudou ») qui nous accompagne, nous le public, mais aussi moi l’artiste, dans les périodes de souffrance, à faire face à l’écocide. Avec Sil, j’invite à repenser les émotions, non pas comme des phénomènes naturels et spontanés, mais comme des constructions sociales·éco-systémiques qui nous informe et nous transforme.

Comment la danse vient-elle présenter et soutenir ce processus ?
Je cherche avec Sil, une histoire chorégraphique :
celle de Sil,
une créature hybride mi-humaine mi-sapin
qui apprend à faire face au Pyrocène.
Je souhaite chorégraphier et interpréter ce personnage et son histoire qui m’aident à répondre ainsi à ma motivation sous-jacente :
comment la danse peut m’accompagner à faire face à mon éco-anxiété ? A travers mon parcours artistique et professionnel, j’ai d’abord développé des outils pour entreprendre ma danse en rapport à ma mécanique anatomique, à mes sens, à la musique et à l’espace. Sil me donne le courage d’approfondir comment mon rapport aux émotions informe ma danse, et vice versa. Comme un enfant, j’utilise Sil tel un doudou, un « objet-transitionnel », afin qu’il m’aide à affronter ce défi : faire face à l’écocide. Avec Sil, je trouve la bonne distance, le bon rapport, pour rencontrer mes émotions les plus souterraines et innommables. Et, je trouve ici un moyen de composer avec elles, en jouant de toute leur étrangeté, sans qu’elles ne me paralysent. Sil représente ce processus par une histoire que je cherche en mouvement.

Frank Gizycki (France, 1993-) est un artiste chorégraphique basé à Bruxelles.Il se forme au sein du C.N.S.M.D (Lyon), de l’Ecole des Sables (Sénégal) et à P.A.R.T.S (Bruxelles) dont il est diplômé en 2016.Depuis, il est interprète pour Anne Teresa De Keersmaeker, Jason Respilieux, Baptiste Conte et Le Balcon, avec lesquel·le·s, il parcourt les scènes européennes au travers de projets de répertoire et de créations, et des projets in situ (musées, parcs, rues…). Il est membre de l’ensemble Figure, du Collectif Meal et de la compagnie Datura avec lesquels il crée et explore sous de multiples formes la relation de la danse à la musique contemporaine, jazz et d’opéra.Depuis 2022, il co-organise le festival Débord&DesRives qui relaie et soutient des initiatives artistiques, citoyennes et paysannes dans le Tarn (France).

Il n’a de cesse d’articuler les saveurs du mouvement au contact des artistes, des oeuvres et des expériences avec lesquels·le·s il fabrique son parcours. Il est intimement connecté aux recherches de l’artiste Jason Respilieux avec qui il co-chorégraphie « Die Kunst Der Fugue » et « Sotto Voce »; ainsi qu’avec l’artiste Lore Stessel, avec qui il entremêle danse, musique et arts visuels en tout terrain.

Crédits :
Chorégraphie et interprétation : Frank Gizycki
Dramaturgie : Mathilde Bellin
Costume : Lore Stessel et Ellada Damianou
Coach vocal : Laura Maria Poletti
Partenaires :
METARAGE, CC Hasselt, Lore Stessel Studio, Centre Chorégraphique le Chantier, Centre de Danse Line-Jenny Neel, Repaire59

EN RÉSIDENCE À METARAGE :

27 > 31/07

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