Throwing like a girl

Throwing like a girl c’est le titre d’un essai publié par la philosophe Iris Young en 1980. Ce texte féministe fondamental révèle comment le conditionnement social façonne les mouvements des femmes. Comment cette perspective à la troisième personne sur leur propre corps crée une réduction “auto-infligée” de leur motricité. Cette théorie décrit  le comportement des femmes et leur rapport à l’espace comme hésitant, confiné, et avec une rare tendance à s’étirer au de-là de leur kinesphère. 

Ici il est important de reconnaître que ce cadre théorique est situé à partir d’expériences vécues principalement par des femmes cis genre et qu’il ne prétend pas englober la diversité des expériences des femmes trans genre ou personnes non binaires. Celles-ci subissent d’autres injonctions, violences ou normes qui structurent leurs mouvements et leur rapport à l’espace.

Je cherche à travers la chorégraphie à challenger ce rapport à l’espace. Je fais le choix d’écrire une danse où le corps navigue avec une orientation précise dans l’espace, où les mouvements sont intentionnels et ont une trajectoire très calculée. L’idée de saisir, de lancer et d’attraper ouvre tout un terrain de jeu excitant. À partir de ces états, je décide de rétrécir le champ vers le langage sportif — athlétisme, parcours, fitness, haltérophilie.

Je souhaite expérimenter avec cette gestuelle, souvent associée à la performance, à la force ou à l’endurance, et en explorer les zones poreuses en la détournant.

Ce qui m’intrigue c’est l’aller-retour constant entre l’auto-objectification et l’expérience vécue; naviguer sans cesse entre être, simplement, et me regarder être, comme si j’étais à la fois sujet de l’action et spectatrice extérieure de moi-même. 

Élise est une chorégraphe et danseuse bruxelloise. Sa pratique artistique varie entre la recherche chorégraphique, la performance, la transmission et la curation collective. Son travail aborde différentes thématiques comme la poésie confessionnelle, le culte du corps, le plaisir et les stratégies de résistance et de rétablissement . En 2019, elle finit sa formation à SEAD (Salzburg Experimental Academy of Dance). 

Son travail chorégraphique est d’abord soutenu en Allemagne, par la Freie Szene, avec COLD LIPS (2023), une performance-installation in situ en duo avec l’artiste visuel Rudyard Schmidt, et puis avec BACKBONE (2023), co-créé avec la compagnie Planmee. À Bruxelles, elle crée Souvenirs de Chair (2024), un solo qui propose un regard personnel sur la dépression. Dans ses créations, Elise utilise la scène comme un espace où l’incongru rencontre le drame, où le corps est à la fois jouissif, mélancolique et vibratoire. Sélectionnée au sein du programme ATLAS à ImPulsTanz (2025), elle débute son projet Throwing like a girl

Depuis 5 ans, elle est membre du collectif HOEK, où iels développent leur pratique de composition instantanée et l’écriture de partitions. En parallèle, elle co-dirige le TOP FLOOR FESTIVAL, un festival bruxellois de danse à prix libre.

Elle collabore/ a collaboré en tant qu’interprète avec Habib Ben Tanfous, Eva Borrmann, Florentina Holzinger, Himherandit, Milla Koistinen, Martin Kilvády et Lisi Estaras. Entre 2022 et 2025, elle performe dans Spaint Chords de Jan St. Werner, une œuvre in situ autour de la spatialisation sonore présentée notamment à la Biennale de Venise. En 2025, elle danse au Palais de Tokyo dans la nouvelle création d’Habib Ben Tanfous.

Crédits :
 
Crédit photo : Gabrielle Liefooghe

EN RÉSIDENCE À METARAGE :

27/04 > 01/05

Scroll to Top