Sexen, ou pire !

 

 

Chorégraphie : Sabina Scarlat
Interprétation : Sabina Scarlat, Elie Tass, Charlie Cattrall
Costumes : Frédérick Denis

Co-production : Charleroi-Danse
Résidence : WorkspaceBrussels
Sexen, ou pire ! est une rencontre des corps qui décapite le bonheur et soutient le pire : la rencontre avec l’autre se fait sur le toboggan du malentendu !
A partir d’un unisson jamais tout à fait réussi, trois personnages tragicomiques composent ensemble une partition chaotique de gestes binaires et un florilège de costumes non-binaires.

Adoptant le modèle des tragédies grecques anciennes, la pièce se déroule en 3 actes et entre 3 personnages qui exposent une situation qui n’évolue que sur un fil pathétique qui se borne à la répétition. Leur dialogue, physique, est une accumulation de gestes et actions qui ne vont nulle part. Avant et après, l’entrée et la sortie d’un chœur musical de voix accumulées et superposées. 
Mais des tragédies grecques Sexen n’en adopte que la syntaxe. Si les anciens mettent en scène le destin, comme impossibilité d’échapper ou de changer quoi que ce soit au déroulement de l’histoire, Sexen, ou pire ! embrasse le destin dans une chorégraphie catastrophique où les actions des protagonistes, loin d’éviter ou surmonter le naufrage, jubilent à le rendre inéluctable. Ensuite, si les tragédies grecques mettent en scène des destins de couples hétérosexuels, de familles dysfonctionnelles et filiations incestueuses inavouées, Sexen propose un dialogue entre trois sourds qui composent ensemble un unisson qui rate. Et c’est un exploit. Jusqu’au bout, trois créatures non-identifiées soutiennent le chaos, tout en faisant miroiter l’ordre. Leur relation est une série de quiproquos sans fin qui ne cessent de pointer l’absence de norme et les bricolages qui, par hasard, la remplacent. Ce ne sont pas des liens de sang, d’amour ou d’idéologie qui les unissent mais l’écriture au cordeau de ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire entre eux. Après avoir épuisé le sens, quelque chose restera, indivisible, une joie vitale et hors d’atteinte que leur gestuelle tragique se sera amusée à mettre en péril par les pires pensables.